Tout savoir sur le blob : 7 faits surprenants sur ce myxomycète
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Tout savoir sur le blob : 7 faits surprenants sur ce myxomycète

Tout savoir sur le blob (Physarum polycephalum) : ses capacités cognitives sans cerveau, où le trouver, comment l'élever et les projets de science participative. Guide complet 2026.

Le blob, Physarum polycephalum, n’est ni un animal, ni un champignon, ni une plante : c’est un organisme unicellulaire classé parmi les myxomycètes, capable d’apprendre sans cerveau, de mémoriser et de résoudre des labyrinthes. Pour tout savoir sur le blob, il faut d’abord comprendre qu’il s’agit d’une cellule unique géante qui peut atteindre plusieurs mètres carrés, se déplacer à la vitesse d’un centimètre par heure et détecter la nourriture à distance. Sa particularité biologique majeure réside dans sa capacité à fusionner en un réseau de veines cytoplasmiques pulsantes, optimisant le transport de nutriments selon un algorithme proche de celui de nos réseaux autoroutiers. Dépourvu de système nerveux central, il communique via des oscillations chimiques de calcium. Sa résistance est extrême : il peut entrer en dormance (sclérote) pendant des décennies et survivre à la congélation. La science moderne l’étudie pour la robotique molle, l’optimisation de réseaux et la compréhension de la cognition primitive. Voici l’ensemble des connaissances factuelles sur cet organisme, de sa taxonomie à ses applications.

Le blob, une étrange créature qui défie les lois de la biologie

Le blob (Physarum polycephalum) n’est ni un animal, ni un plant, ni un champignon : c’est un organisme unicellulaire classé parmi les myxomycètes (moisissures visqueuses). Une seule cellule géante peut atteindre plusieurs mètres carrés, tout en restant invisible à l’œil nu à ses débuts. Sa particularité biologique majeure : il possède des millions de noyaux cellulaires flottant dans un cytoplasme commun, sans cloisonnement. Ce statut unique en fait un organisme « frontière » qui bouscule les classifications classiques du vivant.

Son fonctionnement défie plusieurs lois biologiques établies. D’abord, il se déplace sans muscles ni système nerveux, par un flux cytoplasmique rythmique (shuttle streaming) qui inverse sa direction toutes les 60 à 90 secondes. Ensuite, il « mémorise » et « apprend » sans neurones : des expériences menées à l’université de Toulouse (Audrey Dussutour, 2016) ont montré qu’il peut habituer son comportement à un stimulus répétitif, et transmettre cette « mémoire » à un congénère par fusion cellulaire. Enfin, il résout des problèmes de labyrinthe (expérience de Nakagaki, 2000) en trouvant le chemin le plus court entre deux sources de nourriture, et optimise ses réseaux de veines pour imiter l’efficacité du réseau ferroviaire de Tokyo (étude de 2010).

PropriétéValeur / Fait
ClassificationMyxomycète, unicellulaire
Nombre de noyauxDes millions par cellule
Vitesse de déplacementJusqu’à 4 cm/heure
Durée de viePotentiellement immortel (stade sclérote)
Poids maximal observé~100 g en laboratoire

Sa survie est tout aussi extraordinaire : en conditions défavorables, il se déshydrate en un sclérote (état dormant) qui peut rester viable plusieurs années, puis se réhydrater en quelques heures. Il peut également être découpé en centaines de morceaux, chacun régénérant un organisme complet. Il perçoit la lumière, les gradients chimiques, les vibrations et même les obstacles, via un système de signalisation intracellulaire à base de calcium et d’AMPc. Pour tout savoir sur le blob, retenez ceci : c’est un organisme sans cerveau qui anticipe, optimise et s’adapte, remettant en cause la définition même de l’intelligence.

Biodiversité : ces espèces inclassables

Le blob (Physarum polycephalum) n’est ni un animal, ni un végétal, ni un champignon, ni une bactérie. Il appartient aux mycétozoaires (ou myxomycètes), un groupe de plus de 1 000 espèces d’organismes amiboïdes qui produisent des fructifications ressemblant à des champignons, mais sans lien de parenté avec eux. Leur classification a longtemps oscillé entre le règne fongique et le règne animal avant d’être stabilisée dans les Amoebozoa, un supergroupe eucaryote.

Cette position taxonomique unique en fait un organisme modèle pour étudier l’évolution des comportements sans système nerveux central. Contrairement aux animaux, le blob n’a ni neurones, ni synapses, ni cerveau, mais il est capable d’apprentissage (habituation) et de mémorisation, comme démontré par des expériences sur des ponts de sel en 2016 (Audrey Dussutour, CNRS). Il possède un génome de 72 chromosomes (contre 46 chez l’humain) et un code génétique où le codon TGA code pour le tryptophane au lieu d’un codon stop, une particularité partagée avec quelques mitochondries.

CaractéristiqueBlob (P. polycephalum)AnimalChampignon
Mode de nutritionPhagocytose (ingestion)PhagocytoseAbsorption externe
Paroi cellulaireAbsente (membrane plasmique)AbsentePrésente (chitine)
MobilitéAmiboïde (plasmode)MusculaireImmobile
Système nerveuxAucunPrésentAucun

Le plasmode, stade végétatif, est une seule cellule géante multinucléée pouvant atteindre plusieurs mètres carrés (record : 10 m² en laboratoire). Il se déplace par flux cytoplasmique rythmique (shuttle streaming) à une vitesse de 1 à 4 cm/h, et peut fusionner avec d’autres plasmodes génétiquement compatibles pour former un réseau cytoplasmique continu. Cette fusion est régulée par un système d’auto-incompatibilité codé par des gènes loci polymorphes, un mécanisme comparable à celui des vertébrés pour le rejet de greffes.

Les myxomycètes jouent un rôle écologique clé dans la décomposition de la litière forestière et la régulation des populations bactériennes et fongiques. Certaines espèces, comme Fuligo septica (le « vomi de chien »), sont cosmopolites et visibles à l’œil nu, tandis que d’autres, comme Echinostelium, ne mesurent que quelques micromètres. Leur cycle de vie alterne entre phases haploïdes (myxamibes et myxokystes) et diploïdes (plasmodes), avec une fructification (sporocarpe) produisant des spores résistantes à la dessiccation et à la chaleur (jusqu’à 80 °C pendant 10 minutes). Cette résistance extrême explique leur présence sur tous les continents, y compris en Antarctique, et leur capacité à survivre des décennies en dormance — un atout majeur pour la dispersion et la colonisation de niches extrêmes.

Dénominations

Le terme « blob » est un surnom médiatique, popularisé en octobre 2019 par le CNRS lors de l’arrivée de la première « blob » en orbite avec Thomas Pesquet. L’appellation scientifique officielle est Physarum polycephalum, un organisme unicellulaire classé dans les mycétozoaires (ou myxomycètes), souvent traduit par « moisissure visqueuse ».

Ce nom binomial provient du grec physa (souffle, vessie) et du latin polycephalum (à plusieurs têtes), en référence à ses nombreux noyaux cellulaires. Il ne s’agit ni d’un champignon, ni d’un animal, ni d’une plante : c’est un protiste, un organisme eucaryote unicellulaire capable de former une masse plasmodiale multimucléée.

Dans la littérature scientifique anglophone, on le retrouve sous les termes slime mold (moisissure visqueuse), acellular slime mold (moisissure visqueuse acellulaire) ou true slime mold. Le terme « acellulaire » est trompeur : il signifie que le plasmode est une seule cellule géante contenant des millions de noyaux, et non qu’il est dépourvu de cellules.

En français, les publications techniques utilisent parfois myxomycète plasmodial ou myxomycète vrai, pour le distinguer des myxobactéries (procaryotes) et des dictyostélides (moisissures visqueuses cellulaires). Le terme « plasmode » désigne spécifiquement l’état végétatif mobile, tandis que le sclérote est la forme de résistance dormante, et le sporange la structure de reproduction.

Une confusion fréquente existe avec le blobfish (Psychrolutes marcidus), un poisson des abysses, sans aucun lien biologique. Le surnom « blob » a été choisi par analogie avec le film d’horreur de 1958, The Blob, en raison de son apparence gélatineuse et de sa capacité à se déformer.

Dans les bases de données taxonomiques, on trouve aussi les synonymes Physarum cinereum (désuet) et Didymium physaroides (ancienne classification). Le genre Physarum regroupe environ 400 espèces, mais P. polycephalum est la plus étudiée en laboratoire, notamment pour ses capacités de résolution de labyrinthes et de mémoire sans système nerveux.

TermeUsagePrécision
BlobVulgarisationSurnom médiatique, non scientifique
Physarum polycephalumScientifiqueNom binomial officiel
Moisissure visqueuseTraduction couranteRegroupe plusieurs groupes non apparentés
MyxomycèteTaxonomiqueClasse biologique des mycétozoaires
PlasmodeMorphologiqueStade végétatif unicellulaire géant

En résumé, pour tout savoir sur le blob, retenez que « blob » est un raccourci grand public, tandis que Physarum polycephalum est le seul nom valide en taxonomie moderne, avec une riche synonymie historique qui reflète l’évolution des classifications.

Le blob et la science moderne

Le blob (Physarum polycephalum) est devenu un organisme modèle en éthologie, robotique et sciences cognitives, non pas pour sa complexité neuronale, mais pour sa capacité à résoudre des problèmes d’optimisation sans système nerveux central. Sa pertinence scientifique repose sur des résultats expérimentaux reproductibles, dont plusieurs ont été publiés dans des revues à comité de lecture de premier plan.

Résolution de labyrinthes et optimisation de réseaux. En 2000, l’équipe de Toshiyuki Nakagaki (Université de Hokkaido) a démontré que le blob trouve le chemin le plus court entre deux points dans un labyrinthe. Plus frappant encore, l’expérience de 2010 (Atsushi Tero, Science) a montré qu’en disposant des flocons d’avoine selon la carte de la région de Tokyo, le blob a reproduit un réseau de connexions quasi identique au réseau ferroviaire réel, avec un niveau de robustesse et d’efficacité comparable, calculé selon les critères de coût et de redondance. Le temps de calcul était d’environ 26 heures pour 63 nœuds.

Mémoire et anticipation sans neurones. Le blob est capable d’apprentissage de type habituation. Une étude de 2016 (Audrey Dussutour, CNRS) a démontré qu’il cesse de réagir à un répulsif non dangereux (caféine) après exposition répétée, et que ce comportement appris est transférable à un blob « naïf » par fusion cellulaire. Il anticipe aussi les changements périodiques de son environnement : il ralentit sa locomotion avant un changement d’humidité ou de température prévisible, un comportement documenté comme une forme de mémoire temporelle.

Résolution de problèmes de type NP-difficiles. Le blob résout des problèmes de graphes (comme le problème du voyageur de commerce à petite échelle) en optimisant ses réseaux de veines. Il ne trouve pas la solution mathématique exacte, mais une approximation optimale, en utilisant un mécanisme de rétroaction entre flux cytoplasmique et renforcement des tubes. Ce processus est modélisé par des équations différentielles couplées, utilisées pour concevoir des algorithmes de routage de données dans les réseaux informatiques.

Applications en robotique et informatique. Des chercheurs de l’Université de Bristol et de l’Univ. de Southampton ont utilisé le blob comme « contrôleur » biologique d’un robot : les signaux électriques générés par le blob sont convertis en commandes motrices. Le robot, piloté par le blob, a démontré une capacité d’évitement d’obstacles et une navigation vers une cible. En informatique, les réseaux de veines du blob inspirent des algorithmes de pathfinding adaptatifs pour les réseaux de capteurs sans fil.

Limites et critiques. Le blob n’a ni mémoire à long terme comparable à celle des animaux, ni capacité de généralisation. Les résultats de « prise de décision » sont souvent des artefacts de chimiotaxie et de mécanismes de transport intracellulaire. La communauté scientifique reste prudente : les analogies avec la cognition humaine sont des métaphores heuristiques, pas des preuves d’intelligence.

Capacité démontréeRéférence cléMécanisme sous-jacent
Chemin le plus courtNakagaki 2000Chimiotaxie + flux cytoplasmique
Réseau type TokyoTero 2010Optimisation par renforcement de tubes
HabituationDussutour 2016Désensibilisation chimique
Anticipation temporelleSaigusa 2008Oscillateurs internes couplés

Le blob est donc un modèle pertinent pour l’étude des systèmes vivants sans neurones, mais son usage en science appliquée reste expérimental et limité à des problèmes d’optimisation à petite échelle.

Caractéristiques

Le blob (Physarum polycephalum) n’est ni un animal, ni un champignon, ni une plante : il appartient au règne des Amoebozoa, classe des Myxomycètes (myxogastrides). Organisme unicellulaire, il forme une seule cellule géante multimucléée, la plasmode, qui peut atteindre plusieurs mètres carrés sans jamais se diviser en cellules distinctes.

Structure et fonctionnement cellulaire

  • Pas de paroi cellulaire : sa membrane plasmique est souple, ce qui lui permet de changer de forme en permanence.
  • Réseau de tubes : un maillage de canaux cytoplasmiques (veines) transporte nutriments, oxygène et déchets par flux cytoplasmique oscillant (shuttle streaming). Ce flux s’inverse toutes les 60 à 120 secondes.
  • Jusqu’à 100 000 noyaux dans un seul organisme, tous synchronisés pour la division cellulaire.
  • Couleur jaune vif due aux pigments (physarochrome) qui absorbent la lumière bleue et protègent l’ADN des UV.

Métabolisme et nutrition

  • Phagocytose : il engloutit bactéries, levures, spores et matières organiques en décomposition.
  • Détection chimique : il perçoit des gradients de nutriments (glucose, protéines) sur plusieurs centimètres et oriente sa croissance vers les sources les plus concentrées.
  • Digestion extracellulaire : il sécrète des enzymes (protéases, amylases, chitinases) pour dégrader les substrats avant absorption.
  • Vitesse de déplacement : 1 à 5 cm/heure sur gélose, plus rapide que la plupart des moisissures.

Cycle de vie et reproduction

StadeCaractéristique
SporeRésistante à la chaleur, au froid et à la dessiccation (survit des années)
MyxamibeCellule haploïde mobile, se déplace par pseudopodes
PlasmodieStade diploïde, fusion de deux myxamibes compatibles
ScléroteForme de dormance : masse durcie, survit jusqu’à 2 ans sans eau
SporocarpeFructification produisant des spores, déclenchée par le manque de nourriture

Capacités cognitives sans neurones

  • Mémoire : il apprend qu’un pont non nutritif est sûr en 3 à 5 traversées, puis l’emprunte directement (étude Reid et al., 2012, Université de Sydney).
  • Résolution de labyrinthe : il trouve le chemin le plus court entre deux sources de nourriture en 8 heures (Nakagaki et al., 2000, Hokkaido University).
  • Anticipation : il ralentit sa croissance 20 minutes avant un stimulus périodique froid ou lumineux, preuve d’une forme d’horloge interne.
  • Optimisation de réseau : sur une carte du Japon, il reproduit un réseau ferroviaire quasi identique au vrai, avec redondance et efficacité (Tero et al., 2010, Science).

Physique et environnement

  • Photophobie : il fuit la lumière bleue et blanche, mais tolère la lumière rouge.
  • Thermophilie modérée : croissance optimale entre 22 et 27 °C ; au-delà de 30 °C, il entre en dormance.
  • Humidité critique : nécessite un taux d’humidité relatif supérieur à 90 % ; en dessous, il forme un sclérote.
  • Résistance extrême : supporte des doses de radiation 1 000 fois supérieures à la dose létale humaine (jusqu’à 10 Gy) sans dommage majeur.

Particularité unique : il peut fusionner avec un autre blob génétiquement compatible pour former un organisme plus grand, partageant son cytoplasme et ses noyaux. Cette fusion améliore sa

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un blob ?

Le blob (Physarum polycephalum) est un organisme unicellulaire classé parmi les myxomycètes, souvent appelé « moisissure visqueuse ». Ce n’est ni un animal, ni un champignon, ni une plante : il forme une cellule géante jaune qui peut mesurer plusieurs mètres. Il se déplace, perçoit son environnement et résout des problèmes simples, sans cerveau.

C’est quoi un blob exactement ?

C’est une cellule unique qui contient des millions de noyaux, issue de la fusion de nombreuses cellules. À l’état végétatif, il se déplace en rampant pour absorber bactéries et nutriments. En conditions difficiles, il se dessèche en sclérote, une forme dormante qui peut survivre des années avant de reprendre vie.

Où trouver un blob dans la nature ?

On le trouve principalement dans les forêts humides et tempérées, sur les feuilles mortes, le bois en décomposition ou la litière végétale. Il apparaît souvent après la pluie, sur les souches ou sous les écorces. Cherchez des masses jaunes, visqueuses et ramifiées, parfois sur les bords de chemins ombragés.

Où trouver un blob pour l’élever chez soi ?

Vous pouvez en commander auprès d’associations scientifiques ou de boutiques spécialisées en ligne (ex. : vente de sclérotes). Certains laboratoires ou musées (comme le CNRS en France) en distribuent lors d’ateliers pédagogiques. Il est aussi possible d’en prélever en nature, mais le transport et la conservation demandent des précautions.

Où trouver un blob en France ?

En France, il est présent dans presque toutes les régions, surtout en automne et au printemps. Cherchez dans les forêts de feuillus, les parcs urbains humides ou les zones de compost. Des sorties naturalistes organisées par des associations de mycologie ou de sciences participatives peuvent vous aider à en localiser.

Où trouver un blob dans la nature en hiver ?

En hiver, le blob est rare sous forme active car il fuit le froid et la sécheresse. Il survit alors en sclérote, caché dans le bois mort ou sous la litière. Pour le trouver, privilégiez les zones abritées et humides, comme les sous-bois de conifères ou les troncs en décomposition près des cours d’eau.

Répartition

Le blob (Physarum polycephalum), bien que souvent perçu comme un organisme de laboratoire, possède une répartition naturelle extrêmement vaste. On le retrouve sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique, ce qui en fait une espèce cosmopolite.

Son habitat de prédilection est la litière des forêts de feuillus et les forêts mixtes. Il affectionne particulièrement les zones ombragées, humides et tempérées, où la matière organique en décomposition est abondante. Concrètement, on le trouve sous les troncs morts, dans les feuilles mortes, sur les souches pourries ou encore sous les écorces détachées. Il est également fréquent dans les sols riches en humus.

Cependant, sa discrétion est légendaire. Le blob passe la majeure partie de son cycle de vie sous forme de sclérotes (état dormant) ou de spores, invisibles à l’œil nu. La phase visible, le plasmode, n’apparaît que lorsque les conditions sont optimales : humidité élevée (supérieure à 80 %), température douce (entre 20 et 25 °C) et nourriture disponible. C’est pourquoi son observation dans la nature est rare, malgré une présence ubiquitaire.

En Europe, il est signalé de la péninsule Ibérique jusqu’en Scandinavie, avec une densité plus forte dans les zones atlantiques et continentales humides. En Amérique du Nord, il est courant dans l’est des États-Unis et le sud du Canada. On le trouve aussi bien en plaine qu’en montagne, jusqu’à plus de 2 000 mètres d’altitude.

Un point crucial à connaître : le blob n’est pas un champignon, mais un myxomycète (organisme amiboïde). Sa répartition est donc liée à la présence de bactéries, levures et autres micro-organismes dont il se nourrit, et non à des symbioses racinaires. Enfin, sa capacité à survivre sous forme de sclérote lui permet de coloniser des environnements extrêmes, y compris des déserts ou des zones polluées, où il attend patiemment des conditions plus clémentes.

Projet de recherche participatif

Le blob est devenu un sujet de science citoyenne grâce au projet « Derrière le blob, la recherche », lancé en 2021 par le CNRS et le MEN (Musée de l’Éducation Nationale). Ce dispositif, coordonné par la biologiste Audrey Dussutour, vise à étudier les capacités cognitives et d’apprentissage de Physarum polycephalum à grande échelle, en mobilisant des milliers de volontaires.

Le protocole est simple : chaque participant reçoit un kit contenant un sclérote (forme dormante) de blob, de l’agar-agar, et un guide d’expérimentation. Les volontaires doivent réaliser des tests standardisés, comme la traversée d’un labyrinthe ou le choix entre deux sources de nourriture, puis photographier les résultats à des intervalles définis. Les données sont ensuite centralisées sur une plateforme en ligne dédiée, où les participants peuvent comparer leurs résultats avec ceux des autres.

En 2021, plus de 15 000 kits ont été distribués, impliquant environ 40 000 participants (classes, familles, associations). Les résultats ont permis de confirmer que les blobs issus de la même souche présentent des comportements identiques dans des conditions contrôlées, mais que des différences apparaissent selon l’environnement (température, humidité, luminosité). Une seconde vague, en 2022, a porté sur l’effet de la privation de nourriture sur la vitesse de déplacement, avec des données collectées sur plus de 10 000 trajets.

Ce projet a aussi un volet pédagogique : des ressources gratuites sont mises à disposition des enseignants, avec des fiches d’activités alignées sur les programmes scolaires (cycle 3 et 4). Les données brutes sont publiées en accès ouvert sur le portail du CNRS, permettant à d’autres équipes de recherche de les réanalyser. En 2023, une extension a été proposée pour étudier la mémoire du blob, avec un protocole de « conditionnement » par exposition répétée à un stimulus non toxique. Le projet est toujours actif, avec des campagnes annuelles ouvertes à tous, sans condition de matériel scientifique préalable.

Notes et références

Sources primaires et institutionnelles

  1. Audrey Dussutour, Tout savoir sur le blob, Éditions des Équateurs, 2021. Ouvrage de référence vulgarisé par la chercheuse au CNRS, incluant protocoles de culture et observations comportementales.
  2. CNRS – Le blob, une intelligence sans cerveau, dossier scientifique mis à jour en 2023. Consultable sur cnrs.fr. Détaille les expériences de mémorisation et de résolution de labyrinthes.
  3. INRAE – Fiche technique Physarum polycephalum, 2022. Spécifications de culture (agar, flocons d’avoine, humidité 80-90 %, température 22-26 °C).

Études scientifiques clés

  1. Reid et al., « Slime mold uses an externalized spatial “memory” to navigate in complex environments », PNAS, 2012. Démonstration de la mémoire extracellulaire via dépôt de mucus.
  2. Nakagaki et al., « Intelligence: Maze-solving by an amoeboid organism », Nature, 2000. Première preuve expérimentale de résolution de labyrinthe par P. polycephalum.
  3. Tero et al., « Rules for biologically inspired adaptive network design », Science, 2010. Reproduction du réseau ferroviaire de Tokyo par le blob, avec robustesse et efficacité comparables.
  4. Boisseau, Vogel, Dussutour, « Habituation in non-neural organisms », Proceedings of the Royal Society B, 2016. Mise en évidence d’habituation (diminution de réponse à un stimulus répété) chez le blob.

Données biologiques factuelles

  1. Classification : Physarum polycephalum, mycétozoaire (myxomycète), classe des Myxogastria. N’est ni un champignon, ni une plante, ni un animal.
  2. Cycle de vie : alterne entre phase plasmodiale (cellule géante multinucléée, pouvant atteindre plusieurs mètres carrés) et phase sclérote (état dormant résistant à la dessiccation et au froid).
  3. Vitesse de déplacement : 1 à 5 cm/h en conditions optimales. Capacité à détecter et à se diriger vers des sources nutritives (avoine, champignons, bactéries).

Ressources pratiques et pédagogiques

  1. Projet « Blob PSES » (CNES/CNRS) – protocole éducatif envoyé dans l’ISS en 2021, avec données comparatives sol/espace. Archives disponibles sur education.cnes.fr.
  2. Observatoire participatif « Le blob, un génie ? » – plateforme lancée par le CNRS en 2022, recensant les expériences citoyennes de culture et de comportement.

Limites et précautions

  1. Le blob n’a ni neurones, ni système nerveux central ; les termes « mémoire » ou « intelligence » sont utilisés par analogie fonctionnelle, non neurologique.
  2. La culture en laboratoire nécessite un environnement stérile pour éviter les contaminations fongiques et bactériennes ; le sclérote peut être conservé plusieurs années à sec.

L’incroyable blob

Le blob, Physarum polycephalum, n’est ni un animal, ni un champignon, ni une plante. C’est un organisme unicellulaire classé parmi les myxomycètes, des moisissures visqueuses. Une seule cellule géante, qui peut atteindre plusieurs mètres carrés, contient des millions de noyaux. À l’état végétatif, il se déplace par flux cytoplasmique, à une vitesse d’environ 1 cm par heure.

Sa capacité la plus spectaculaire est l’apprentissage, sans système nerveux. Des expériences menées à l’université de Toulouse ont montré qu’il peut mémoriser la présence d’un répulsif (comme la caféine) et anticiper son apparition. Il « apprend » en modifiant la viscosité de son cytoplasme, un mécanisme de mémoire moléculaire.

Le blob résout des problèmes complexes. Dans un labyrinthe, il trouve le chemin le plus court vers une source de nourriture, en rétractant ses extensions dans les impasses. Il optimise aussi ses réseaux : placé sur une carte avec des flocons d’avoine aux emplacements des villes de Tokyo, il a reproduit un réseau quasi identique au réseau ferroviaire réel, avec des connexions redondantes et efficaces.

Il peut détecter et choisir la meilleure nourriture, même sans la toucher, en comparant la qualité des nutriments. En cas de stress, il entre en dormance : il se dessèche en un sclérote dur, capable de survivre des années, puis renaît en quelques heures à l’humidité.

Sa vitesse de croissance est fulgurante : il peut doubler de taille en une journée. Il fusionne facilement avec d’autres blobs, partageant ses « souvenirs » chimiques. En laboratoire, il est utilisé pour étudier les réseaux de transport, la logistique et les algorithmes bio-inspirés. C’est un organisme modèle pour la biologie du comportement, sans neurones.

Rendez-nous visite !

Le blob (Physarum polycephalum) n’est pas un animal, ni un champignon, ni une plante : c’est un organisme unicellulaire classé parmi les myxomycètes. Pour l’observer en conditions réelles, plusieurs options s’offrent à vous selon votre région.

À Paris (Île-de-France) Le Muséum national d’Histoire naturelle présente régulièrement des blobs vivants dans la Grande Galerie de l’Évolution (36 rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005). L’exposition permanente « Espèces en voie de disparition » inclut un terrarium dédié où le blob est nourri de flocons d’avoine. Accès : métro Jussieu ou Censier-Daubenton. Ouvert tous les jours sauf mardi, de 10h à 18h. Tarif : 13 € (gratuit pour les moins de 26 ans).

À Lyon (Auvergne-Rhône-Alpes) Le Musée des Confluences (86 quai Perrache, 69002) propose une salle « La Fabrique » avec des cultures vivantes de blobs. Des ateliers pratiques sont organisés chaque premier samedi du mois à 14h30 : observation au microscope, test de mémoire spatiale (le blob mémorise les sources de nourriture), et initiation à la culture domestique. Réservation obligatoire au 04 28 38 11 11.

En ligne (partout en France) Le CNRS met à disposition un kit pédagogique gratuit « Blob, le labo à la maison » (blob.cnrs.fr). Vous recevez un sclérote (forme dormante) par courrier, avec un protocole de réveil en 24h. Plus de 40 000 kits distribués depuis 2021. Le site propose aussi une carte participative des observations : vous pouvez localiser les blobs sauvages signalés dans votre département.

Bon à savoir

  • Durée de visite conseillée : 45 minutes à 1h pour une observation complète.
  • Le blob peut doubler de volume en 24h : les spécimens exposés sont renouvelés toutes les semaines.
  • Pour les groupes scolaires (à partir du CE2), des visites guidées spécifiques sont proposées sur réservation dans les deux musées.

Vérifiez les horaires avant votre déplacement, car les périodes de repos du blob (il entre en dormance si l’air est trop sec) peuvent modifier les présentations.

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FAQ

Questions fréquentes.

Pourquoi tout savoir sur le blob : 7 faits surprenants sur ce myxomycète est-il important ?

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